Le mouvement rastafari est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « chef, duc »), et Tafari, « celui qui est craint » prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974, personnage sacré du fait de son ascendance qui remonte aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas. Il convient ainsi, afin de représenter correctement le mouvement de ne pas l'utiliser dans cet article.
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 70, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements "éthiopianistes" où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
Des milliers de Rastas l'accueillent à sa surprise, et le mouvement prend plus d'ampleur encore bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, n'admette jamais sa propre divinité.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallut chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autre. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par les mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ.
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Cependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires. Contrairement aux idées reçues, la Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le voeux de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se refèrent souvent au voeux de Nazarite, comme présenté dans la Bible, Nombres 6:1-21. Ce v½ux, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines rêgles de vie. Ces rêgles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques:
Ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraine l'apparition de Dreadlocks.
Ne pas consommer de viande.
Ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce voeux est censé revetir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le voeux doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son voeux. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase: rasta don't go to no funeral.
L'application stricte de ce voeux au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du voeux de Nazarite, comme pour beaucoup de texte des Anciens Testaments, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le voeux pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce voeux est bien censé être temporaire, alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarite est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaire à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas (par exemple le chanteur Sizzla) pensent qu'un Rasta sans dread n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout a fait possible d'être un Rasta sans porter de Dreads, tandis que beaucoup de Dreadlocks ne sont pas forcémement le signe d'un Rasta.
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Un grand nombre de ceux-ci ont direct
